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Je donne

Une nouvelle voix entre en scène 

Tout juste après avoir remporté le Prix d’art vocal Wirth 2026, Zoe McCormick, M. Mus. 2025, revient sur son évolution artistique à McGill et explique comment sa pratique du violon l’aide à devenir une meilleure chanteuse.

Un spectacle musical en direct mettant en vedette un pianiste jouant sur un piano à queue et un chanteur debout à côté de celui-ci.

Zoe McCormick interprétant une œuvre avec le pianiste Alexey Shafirov lors de la finale du concours du Prix d’art vocal Wirth.

Zoe McCormick est montée sur la scène de la salle Tanna Schulich le 22 février pour la finale du concours du Prix d’art vocal Wirth, où trois interprètes se disputaient cette distinction qui a donné un formidable élan à la carrière de plusieurs jeunes chanteuses et chanteurs au talent prometteur. 

À la fin de l’après-midi, la soprano canadienne avait remporté le prix 2026, lequel est remis chaque année à une jeune chanteuse ou un jeune chanteur de McGill reconnu pour son talent exceptionnel et son potentiel de faire carrière à l’international. Le prix comprend une bourse d’une valeur de 25 000 $.

Cette distinction survient à un moment charnière pour Zoe McCormick, M. Mus. 2025, qui termine son diplôme d’interprète en chant à l’École de musique Schulich de McGill. La saison prochaine, elle se joindra au programme de perfectionnement artistique McPhee de l’Opéra de Calgary, qui aide les chanteuses et chanteurs à faire le pont entre la formation universitaire et la vie professionnelle. 

Le Prix d’art vocal Wirth a été créé en 2015 grâce à la générosité d’Elizabeth Wirth, B. A. 1964, D. Mus. 2023. Remporter ce prix, explique Zoe McCormick, représente à la fois un jalon important et un soutien concret qui arrive exactement au bon moment pour elle.

« C’est un immense honneur de recevoir ce prix. C’est aussi un soutien extraordinaire. »

Zoe McCormick a commencé sa formation musicale par des cours de violon dès son jeune âge, dans sa ville natale de Ponoka, en Alberta. Ses parents, qui ne sont pas musiciens, tenaient à ce que leurs cinq enfants apprennent chacun un instrument.

Une femme serrant la main d’une femme plus âgée devant un piano à queue.

Zoe McCormick est félicitée par Elizabeth Wirth pour sa victoire au Prix d’art vocal Wirth.

Sa participation à des productions de théâtre communautaire a éveillé une passion pour le chant, et, à 15 ans, elle a entrepris une formation vocale formelle qui l’a menée à l’obtention d’un baccalauréat en interprétation vocale de l’Université Burman en 2023.

Elle a découvert l’opéra à 16 ans. Ce mariage de musique et de théâtre l’a marqué profondément. 

« La musique est tellement puissante lorsqu’elle accompagne des histoires qui peuvent être drôles ou tragiques, explique-t-elle. Je pense qu’on ne peut pas rester insensible. Quand on s’assoit pour assister à un spectacle d’opéra, quelque chose vient nous toucher, même sans connaître grand-chose à l’opéra. »

Lorsque Zoe McCormick a déménagé à Montréal après avoir obtenu son diplôme, elle a été propulsée dans un univers des arts de la scène beaucoup plus vaste. Issue d’une petite communauté, elle n’avait pas pleinement envisagé les possibilités professionnelles qu’offrent les arts. 

Elle a trouvé à McGill des professeures et professeurs ainsi que des coachs qui ont soutenu à la fois son perfectionnement artistique et sa compréhension des différentes avenues professionnelles qui s’offraient à elle. Elle attribue à la professeure adjointe Tracy Smith Bessette, M. Mus. 2012, D. Mus. 2016, coordonnatrice du secteur chant à l’École Schulich, le mérite d’avoir nourri sa croissance artistique et de l’avoir aidée à comprendre les aspects pratiques du milieu. Elle souligne également l’apport des coachs vocaux de l’École, qui l’ont aidée à bâtir les fondations techniques nécessaires pour s’exprimer librement sur scène.

« Le chant de Zoe m’a touchée droit au cœur lorsque je l’ai entendue pour la première fois, raconte Mme Smith Bessette. Je pouvais sentir son humanité à travers la beauté de son timbre et la finesse avec laquelle elle modulait chaque phrase musicale. »

À McGill, Zoe McCormick dit avoir mieux compris ce que l’opéra exige d’une chanteuse. L’un des aspects les plus difficiles, explique-t-elle, est d’accepter qu’une voix se développe avec le temps et qu’il ne sert à rien de précipiter le processus.

« Honnêtement, je crois que le plus grand défi, pour n’importe quel musicien, c’est la patience, dit-elle. Comme chanteuses et chanteurs, nous travaillons avec un instrument qui se développe avec l’âge, alors il y a une dimension que nous ne pouvons tout simplement pas accélérer physiquement. »

Cette compréhension influence aussi les œuvres qu’elle choisit d’interpréter. Elle sélectionne ses pièces avec discernement, en se concentrant sur celles qui conviennent réellement à son registre.

« Il faut connaître ses capacités et choisir des pièces qu’on peut interpréter avec générosité et qui permettent de toucher le public. »

Zoe McCormick explique que son expérience de violoniste influence sa façon d’aborder le chant. Sa connaissance du violon lui fournit une image concrète pour représenter quelque chose que les chanteuses et chanteurs ne peuvent pas voir.

« La voix est invisible, dit-elle. Pouvoir imaginer l’archet sur une corde offre parfois une image physique utile pour aborder un passage chanté qui ne coule pas naturellement. »

Grâce à l’opéra, Zoe McCormick a acquis la capacité de travailler des textes dans des langues qu’elle ne maîtrise pas. Elle étudie la diction et la traduction, et porte une attention minutieuse aux qualités propres que chaque langue confère à une phrase musicale. Elle souhaite que ses interprétations transmettent des émotions au public, même lorsque celui-ci ne comprend pas chaque mot.

« La musique a son propre rythme et sa propre couleur, mais chaque langue possède aussi son rythme interne et sa palette de couleurs, souligne Zoe McCormick. Pouvoir ajouter cette dimension à la musique lui permet d’atteindre un tout autre niveau. »

Dans le cadre du concours Wirth, les interprètes devaient présenter un programme varié dans au moins trois langues, comprenant des airs d’opéra ainsi que des œuvres courtes pour voix et piano, des pièces qui, selon Zoe McCormick, peuvent raconter des histoires riches dans de « petits mondes ».

Cette impression d’intimité fait partie de ce que la soprano apprécie dans le fait de se produire sur scène : la préparation, le processus collaboratif qui consiste à façonner une œuvre et à déterminer la meilleure façon de l’interpréter, ainsi que la responsabilité de l’offrir à un public qui lui accorde sa confiance en venant l’écouter.

« C’est un privilège incroyable de pouvoir partager ce que je ressens et ce que je pense à travers cette musique avec des gens qui sont simplement là pour la recevoir. »

Le récital de Zoe McCormick dans le cadre du Prix d’art vocal Wirth est prévu pour le 15 avril, et elle se produira également au concert de l’Orchestre symphonique de McGill à la Maison symphonique le 10 avril, avant de prendre la direction de Calgary pour son premier contrat professionnel.

« J’ai l’impression de vivre un moment vraiment marquant, dit-elle. J’ai hâte de voir ce que la suite me réserve. »